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Déclaration sur les concessions forestières récemment attribuées en RDC

25 février 2021 14:04:15

Après avoir pris connaissance d’allégations récentes relatives à l’octroi de concessions forestières, CAFI réitère l’importance centrale d’une amélioration de la gouvernance dans le secteur forestier, afin de répondre aux aspirations de développement durable de la population de la République Démocratique du Congo et à la préservation de leurs ressources naturelles. Le respect du cadre légal national constitue une clé de voûte centrale d’une gouvernance renforcée.

Le Conseil d’administration de CAFI affirme à cet égard son appui à toute démarche visant la restitution de concessions irrégulières au Domaine de l’Etat, tel que stipulé par la loi, et son opposition à toute action qui contreviendrait au cadre légal en vigueur, y inclus au moratoire. Le Conseil d’Administration de CAFI se montre donc préoccupé par les récentes allégations faites par la société civile nationale, notamment par le Groupe de Travail Climat-REDD+ Rénové (GTCR-R), tout encourageant les efforts menés par cette dernière pour établir des faits et partager ses conclusions avec les autorités.

CAFI rappelle que les autorités du pays ont énoncé le souhait d’engager une politique volontariste de réforme des secteurs liés à l’utilisation des terres, se fondant sur les principes d’une gestion durable et de transparence, essentiels pour la réponse aux enjeux de réduction de la pauvreté et de renforcement de l’état de droit auxquels le pays fait face.

Convaincu de la nécessité d’améliorer la gouvernance dans le secteur forêt, le Conseil d’Administration de CAFI a précisément validé, en décembre 2019, le Programme de gestion durable des Forêts (PGDF) pour appuyer la RDC dans l’établissement d’une vision tant attendue pour le développement durable de ce secteur. Ce programme vise à rechercher des solutions aux défis complexes d’un secteur marqué par le caractère très largement informel de l’exploitation forestière et par le manque chronique de moyens humains et financiers pour faire respecter la loi, qui ont pour conséquence une gestion non-durable de cette vaste ressource. Le Gouvernement de la RDC s’est engagé à ce que chaque étape de cette réforme centrale soit revue et discutée dans le cadre d’un Conseil National Consultatif sur les forêts, Conseil qui regroupe l’ensemble des parties prenantes concernées, ce qui constitue une innovation sans précédent.

Le succès d’un tel programme, qui a vocation à démarrer mi-2021 appelle à une volonté politique du Gouvernement congolais à faire respecter la loi ainsi qu’à respecter les engagements pris.

CAFI a toujours prôné la conduite d’un dialogue régulier, franc et ouvert avec le Gouvernement de la RDC dans un esprit de partenariat car son Conseil d’Administration est convaincu que non seulement la recherche de solutions émanera d’un dialogue avec les autorités, mais aussi que la population congolaise, faisant face déjà à d’innombrables défis, ne saurait pâtir d’actes sur lesquels elle n’a prise.

Alors que la Lettre d’Intention signée en 2016 a pris échéance en décembre 2020, le Conseil d’Administration a indiqué son intention de renouveler son partenariat avec la RDC du fait des besoins considérables des populations rurales de RDC.  Une large portion de la population y vit dans la pauvreté -(19,6 millions de personnes vivent dans l’insécurité alimentaire ; 2,3 millions d’enfants sont en état de malnutrition modérée, et 1,1 million de malnutrition sévère), et la perte de forêt s’accélère. La RDC est le troisième pays au monde en termes de perte de forêts, derrière le Brésil et l’Indonésie, ayant perdu 14,6 millions d’hectares de couvert arboré entre 2000 et 2019, selon Global Forest Watch. La perte de forêt est due principalement à la pauvreté dans le pays, qui entraine une demande locale en terres et produits forestiers – agriculture sur abatage-brûlis à petite échelle et charbon de bois en RDC, tandis qu’au Brésil ou en Indonésie la perte de forêt est due à la production commodités agricoles –, sous-tendue par une rapide croissance de la population.

Dans son dialogue avec le Gouvernement pour dessiner les contours d’un partenariat futur, CAFI continuera à insister sur l’importance de respecter les engagements pris conjointement lors de la signature de la précédente Lettre d’Intention ainsi que ceux actés dans la Feuille de route pour l’amélioration dans le secteur forestier agréée entre le Gouvernement et l’ensemble des partenaires du secteur environnement en RDC en décembre 2019. Cette feuille de route prévoit une revue de la légalité des titres forestiers, au travers d’une étude commissionnée avec l’appui de l’Union Européenne. Le Premier Ministre a lui aussi demandé à l’Inspection Générale des Finances de conduire un audit des concessions forestières. Les conclusions de ces rapports apporteront des éclairages importants pour définir des objectifs de partenariat significatifs, ainsi que des recommandations concrètes pour améliorer la gouvernance du secteur forestier.

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